Voila 15 hectares au bas mot doivent disparaître de ce site!


Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Et son paysage sera détruit par le mitage des constructions prévues par la municipalité.

Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand

Préambule : compte tenu de ce que je vais écrire, il est bon que je me présente un peu. Je suis journaliste et je connais Dominique Voynet depuis environ vingt ans. Je ne suis et n’ai jamais été de ses intimes, mais je la connais donc depuis cette date. J’ai eu souvent la dent dure contre elle, et ne le regrette pas. Mais je sais aussi que dans certaines circonstances – le sort d’un homme en prison -, lorsqu’elle était ministre, elle a su se montrer une femme digne et courageuse. J’ai voté pour elle dès le premier tour des élections municipales, et accepté de faire partie de son comité de soutien à cette occasion. Voilà. Je la connais. Je ne suis pas son ennemi. Je ne suis pas son beau miroir.

Venons-en à la très grave question de l’aménagement du quartier autour des Murs à pêche de Montreuil. On le sait, j’imagine que vous savez tous que madame Voynet a décidé la création d’un immense quartier de 200 hectares, couvrant environ le quart de la ville. Il s’agit, au sens le plus terre-à-terre de l’expression, d’un projet pharaonique. Toutes les ressources de la ville, et bien au-delà évidemment, y seront englouties pour au moins une génération. Le chiffre colossal de 2 milliards d’euros d’investissement est avancé par la ville elle-même. Il est clair, il est manifeste, il est indiscutable que Montreuil, dans l’hypothèse où ce projet verrait le jour, ne serait plus jamais la ville qu’elle a pu être. On joue là les 100 prochaines années de cette ville. Retenez ce chiffre, car il n’est pas polémique. Un projet de cette dimension décide d’à peu près tout pour 100 années. Plutôt long, non ?

Toujours plus d’habitants

Nous sommes face à une oeuvre urbaine colossale et sans précédent. Elle comprend des travaux lourds – une piscine, une médiathèque, des écoles – qui de facto formeraient une ville nouvelle. Surtout, 3 000 logements seraient construits sur place, ce qui entraînerait mécaniquement l’installation de milliers – 10 000 ? – d’habitants supplémentaires dans une ville qui en compte 102 000. Pourquoi pas, certes. Mais aussi et avant tout : pourquoi ? Cette question n’est pas même évoquée par l’équipe de madame Voynet, ce qui est tout de même très singulier. Oui, posons calmement la question suivante : pourquoi diable faudrait-il densifier encore une ville de 100 000 habitants aux portes de Paris, alors même que Montreuil est la signataire – en grandes pompes – de la charte européenne dite d’Aalborg, qui prône exactement le contraire (ici) ? Lisez ce texte limpide et magnifique, et vous m’en direz des nouvelles. Le paradoxe, qui n’est pas le dernier, est que ce texte a été signé par l’ancienne municipalité, qui en bafouait allègrement les principes. Mais voilà que la nouvelle fait de même. Étrange.

Recommençons : pourquoi ? Le seul argument que j’ai entendu est celui-ci : la demande de logements est considérable. Une telle flèche est censée foudroyer le contradicteur. Mais elle ne produit pas le moindre effet sur moi, et voici pourquoi. La question du logement se pose évidemment, ÉVIDEMMENT, au niveau de toute la région. Complexe, elle engage pour des décennies et mérite donc des discussions approfondies, des arbitrages, des péréquations. Peut-être est-il plus judicieux de bâtir en d’autres points de notre région, en fonction de paramètres sinon raisonnables, du moins rationnels ? Mais il n’y a eu aucune discussion sur le principe même de ces nouvelles constructions. Ou bien peut-être à l’abri des bureaux municipaux, à l’ancienne ?  Or, l’avenir commun se discute et se décide en commun, a fortiori quand on entend faire de la politique autrement, comme l’aura tant clamé madame Voynet au long de sa carrière.

L’aspirateur à ordures

Pourquoi ne dit-on jamais qu’il existe plusieurs milliers – on parle de 4 000 – logements inoccupés à Montreuil ? Pourquoi ne dit-on jamais la vérité sur l’état de dévastation énergétique et écologique de tant de cités populaires de la ville ? N’y a-t-il pas là de magnifiques chantiers de restauration de la vie collective, susceptibles de redonner confiance aux citoyens dans l’action politique ? Je prétends que la priorité des priorités, dans le domaine du logement, est de s’attaquer à l’amélioration de ce qui existe. Et je défie quiconque de me prouver le contraire dans une réunion publique contradictoire. Construire 3 000 logements neufs, dans ces conditions, s’appelle une fuite en avant, dans tous les domaines. Et un gaspillage monstrueux de matières premières de plus en plus précieuses. Cessons de rigoler ! Cessons de parler d’écologie du haut des tribunes avant que de recommencer les erreurs du passé. Dans le monde malade qui est le nôtre, sur cette planète surexploitée, épuisée par les activités humaines, lancer un chantier de cette taille est une très mauvaise action. Une sorte de manifeste de l’anti-écologie.

Ah ! la piscine sera « écolo » ? Ah ! Les parkings seront à l’entrée du quartier ? Ah ! la collecte des déchets se fera par aspiration souterraine ? Franchement, lecteurs de bonne foi, ne voyez-vous pas qu’on vous mène en bateau ? Sous le label passe-partout d’écoquartier, qui sera bientôt aussi dévalué que celui de « développement durable », on se livre à une vulgaire manipulation des esprits. Les vrais écoquartiers, très exigeants, sont connus. C’est le cas par exemple dans la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui est aujourd’hui annoncé, qui n’est que poudre aux yeux. À Fribourg, madame Voynet, il s’agit de changer la vie quotidienne par une politique audacieuse des transports, une réduction des volumes de déchets, un usage généralisé de formes d’énergie renouvelable. À Montreuil, misère ! on cherche à nous « vendre » un système souterrain pour qu’on ne voit plus en surface nos ordures. Au fait, ce système nouveau, Veolia ou Suez ? Vous vous doutez bien qu’un investissement pareil ne saurait se faire sans l’appui de grands groupes immobiliers, aussi de gestion de l’eau et des déchets. C’est inévitable. Mais ce n’est pas en 2020 que nous avons besoin de l’ouverture franche, directe et totale du dossier, car ce sera alors trop tard. Non, c’est maintenant. Je gage que de très mauvaises surprises nous attendent au tournant. On parie ?

Le Poivron était trop vert

Reste, avant ma conclusion, la redoutable et dévastratrice – pour madame Voynet – question de la démocratie. Comment une femme écologiste ose-t-elle lancer des travaux de cette dimension sans en appeler avant tout au débat public ? Oui, comment ose-t-elle ? Quand on prétend changer le cours de l’histoire locale sans seulement consulter la population, mérite-t-on encore sa confiance ? Un projet d’une ampleur pareille ne saurait partir d’un autre point que l’examen contradictoire des besoins sociaux, culturels, écologiques de la cité. Cela n’a pas été fait. Ce qui a été fait, ce qui se fait sous nos yeux, c’est une tentative de passage en force. Comme aurait fait Jean-Pierre Brard naguère. Comme ont fait des milliers de maires dans le passé. Comme le font tous ceux qui ne croient pas à la démocratie, mais au pouvoir.

J’ai sous les yeux des articles du journal montreuillois Le Poivron, jadis animé par Patrick Petitjean, aujourd’hui maire-adjoint. Je lis dans le numéro 73, de septembre 2005, sous la plume de Petijean, et à propos de projets municipaux de bétonnage des Murs à pêche, ceci : « Les mêmes interrogations se sont fait jour au conseil municipal le 30 juin : Pourquoi, brusquement, une telle précipitation ? Pourquoi court-circuiter le débat en cours sur le Plan Local d’Urbanisme ? Pourquoi cette absence de plan global, au contraire des exigences de la procédure de classement partiel ? ». Je pourrais citer la collection complète du Poivron, qui rend hommage, au passage, à l’association dont je suis membre, MAP, présentée comme celle qui a permis le classement, in extremis, de 8 hectares des Murs. Je pourrais continuer, ad nauseam. Autres temps, autres moeurs. Comme il est simple, facile et confortable d’oublier ses promesses, n’est-ce pas ?

Au pays de la grosse tête

J’en arrive à ma conclusion. Que cherche donc madame Voynet ? Je n’en sais rien, car je ne suis pas dans sa tête. Mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le défunt président François Mitterrand. On s’en souvient, ce dernier avait, tel un roi républicain, voulu marquer de son empreinte le sol de cette ville éternelle qu’est Paris. D’où cette politique ruineuse de grands travaux, dont le fleuron le plus affreux est sans conteste la Très Grande bibliothèque des quais de Seine. J’ai le pressentiment que Dominique Voynet est atteint du même syndrome mégalomaniaque, classique, ô combien !, chez nos politiques de tout bord. Elle entend décider seule, éventuellement contre tous, de l’avenir d’une ville qui nous appartient, à nous et à nos enfants. Je souhaite ardemment que Montreuil tout entière se lève pour dire NON ! Cette ville populaire, cette ville volontiers rebelle doit retrouver la fougue passée, et donner de la voix. Si les élus actuels ont oublié d’où vient leur provisoire légitimité, je pense qu’il est grand temps de le leur rappeler.

Rien n’est encore perdu. Tout peut être modifié, sauvé, changé, à la condition d’unir, loin de toute considération électoraliste. Nous verrons bien, je ne suis pas devin. Mais il serait accablant que madame Voynet reproduise, à son échelle, ce que tente Christian Blanc, le secrétaire d’État de Sarkozy, avec le Grand Paris. C’est-à-dire un projet délirant, du passé, dépassé, de métro géant – la « double rocade » -, qui ruinerait les ressources publiques de l’Île-de-France pour des dizaines d’années. Ce que nous refusons à l’un, nous devons évidemment le contester à l’autre. Nous voulons, je veux en tout cas de la discussion, de l’ouverture,  de la démocratie. Et pas un lamentable simulacre. L’urgence est de remettre tout le dossier à plat. Pour l’heure, souvenez-vous en, rien n’est fait. Et tout est possible. Même le meilleur.

Fabrice Nicolino, le 30 mars 2010

Un plan avec les habitants ?


Un ami proche et de longue date m’a écrit suite au billet « Le fabuleux projet de Mme Voynet; sacrifier les Murs à pêches »:

« Mais qui a décidé de ce projet mégalomaniaque ?
on nous parle de démocratie participative, on théorise sur les conseils de quartier mais les décisions importantes sont prises en dehors des citoyens, après les élections, sans les avoir évoquées pendant la campagne »

Le dossier du « plus grand écoquartier d’Europe » dixit Mme La maire réunion publique du 22 mars 2010 ( comporte 140 pages environ) a été déposé par la ville de Montreuil en août 2009 à la Région et à ce jour toujours inaccessible aux Montreuillois, malgré notre demande du 25 novembre 2009.

Nous publions de nouveau un texte du 27 mars 2009  il y a un an jour pour jour, qui nous semblait pouvoir  être une base de réflexion et de débat sur le comment co-écrire un projet de vie et de ville, ce texte traiter alors un sujet d’actualité au sein de la ville, le PPAD, il n’eut aucune influence sur son déroulement, et encore plus fort lors de la concertation sur le Plan Local Urbanisme, le projet « du plus grand écoquartier d’Europe », n’a même pas été abordé, deux ZAC vont démarrer juste avant l’été, il faut pas perdre de temps, allons y au pas de charge. Voici le texte et son préambule de l’époque:

Pascal Mage


Une occasion rare est offerte par le législateur de faire connaître les paroles citoyennes en les introduisant dans ce qu’il a été nommé “PROJET D’AMÉNAGEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DURABLE”, tous les mots comptent  !
C’est donc le moment  pour “le plus grand nombre” de dire comment passer d’une situation présente à un futur, avec en tête la sauvegarde de l’intérêt général et du bien public.

À PROPOS DU PADD

La partie dénommée « Projet d’Aménagement et de Développement Durable » est placée dans le « Plan Local d’Urbanisme » (PLU)  pour indiquer  les orientations de politique générale de la ville. Ces intentions président aux conditions d’usage et de modelage de la ville, et prennent la forme d’un règlement d’urbanisme.

La loi « Solidarité et Renouvellement Urbain » a introduit dans la technique juridique antérieure (Plan d’Occupation des Sols) une modification fondamentale, s’inspirant en cela de la plupart des démarches en cours en Europe : celle de considérer que les règles d’urbanisme ne peuvent être que les outils de mise en pratique d’un PROJET de VILLE. Ce projet de ville doit exprimer la façon dont devront être traitées simultanément les questions sociales, économiques, environnementales et culturelles. Il s’agit de développer une vision de l’évolution de la société locale à court, moyen et long terme ( horizon 20 à 25 ans ) sans pour autant négliger la relation aux initiatives développées aux autres échelles territoriales (communautés d’agglomérations, Département, Région).

Écrire le Projet d’Aménagement et de Développement Durable consiste bien à écrire à plusieurs mains un projet partagé de civilisation, utilisé ensuite comme « fil rouge » d’un projet de ville ; d’où les débats nombreux aujourd’hui. Peut-on construire un projet pour le « plus grand nombre » avec une liste à la Prévert, établie seulement avec les bonnes volontés du moment ? L’urgence d’enrayer la mécanique urbaine, actuellement laissée aux logiques de marché, autorise-t-elle à fabriquer des règlements sans un temps suffisant accordé à la pensée  ? Le contrôle démocratique des actes administratifs ne pourrait dans ce cas être exercé par les citoyens.

À Montreuil, il n’y a pas que des consommateur. Il y a des acteurs, des citoyens agissants, toujours plus nombreux. Prêts à penser, prêts à agir. Nous sommes 100 000 et plus, capables de  penser et de faire ensemble !

MoMo

Le fabuleux projet de mme Voynet; sacrifier les murs à pêches.

Voila: les choses sont claires: hier 23 mars 2010, lors de la réunion Nouveau Quartier Urbain organisée par la mairie.

Les chiffres ont été annoncés: sur les 38 hectares non construits, il n’y aura dans son projet  que 21 hectares « d’anciennes terres horticoles protégées » (et encore dans cette surface, il y aurait la fameuse piscine avec ses 3 hectares).

Ainsi madame Voynet considère dans son discours d’hier que la moitié des murs à pêches sont sans intérêts.

L’examen attentif du projet municipal, (sur le plan ci-dessous vous pouvez cliquer dessus pour l’agrandir), est assez précis pour constater la diffusion et l’émiettement des constructions sur l’ensemble du site et son mitage complet.

Ceci à pour conséquence irrémédiable de détruire le paysage singulier des Murs à Pêches; celui-ci est pourtant reconnu comme un patrimoine national.

Comble du paradoxe, lorsque madame Voynet  était ministre de l’environnement, elle avait prise une instance de classement en février 2001 protégeant des parcelles qu’elle propose aujourd’hui de construire.

Pourquoi ce qui était valable lorsque elle était ministre n’est plus valable lorsqu’elle est maire?

Imaginons que ce soit un autre maire qui ait décidé de supprimer la moitié des Murs à pêches.

Les « verts » se seraient mobilisés comme ils l’avaient fait dans le passé pour le projet du maire précédent.

Nous reviendrons dans le détail  sur ce funeste projet  et le nouveau quartier urbain: attention  « le plus grand d’Europe » , car à Montreuil les élus adorent être à la pointe.

En attendant, voici en pièces jointes 2 petites pages du projet de la mairie avec les chiffres: vous pouvez cliquer dessus.

Vous pouvez  aussi le cas échéant adhérer à l’association, car nous allons nous mobiliser, la cotisation est de 10 €, les coordonnées de l’association sont dans le lien contact.

Pascal Mage

président de l’association

Pour finir un peu de musique « Demain demain »

Impulser une dynamique de restauration des Murs

MAP Restauration costière

L’association Murs à Pêches organise  le 12 ème chantier international de restauration de Murs à Pêches, dit chantier Rempart

Au  mois de Juillet  des jeunes bénévoles européens viennent à Montreuil  restaurer des murs, plus précisément une costière visible  de l’impasse de Gobétue.

Ce chantier de restauration est encadré par Laurent OCHLAFEN architecte et  Leïty  N’ DOYE,  animateur.

Si vous souhaitez participer  un ou plusieurs jours à ce chantier y compris être hébergé, contactez Leity N’DOYE au 06 88 15 65 99.

MAP Restauration costière P08-07-09_10.39

 

Les Murs à Pêches continuent à s’écrouler

 

Où en est-on du projet de restauration des Murs à Pêches ?

Exit le cabinet d’Architecte  Génin  qui a fait une remarquable  étude de faisabilité de restauration des Murs à Pêches  du site classé (8,6 hectares).  Le cabinet Génin a acquis une bonne connaissance du site et  pourtant on rejoue pour un  nouvel appel d’offre, pour une nouvelle étude, entrainant une perte de temps,  une dépense inutile des deniers publics.

Exit le comité de pilotage en préfecture pour la mise en valeur du site classé et  la restauration des Murs à Pêches, le comité  ne s’est pas réuni en préfecture depuis l’automne 2008  et il n’y a pas de nouvelle réunion programmée.

Exit le chantier d’insertion et de restauration des murs à pêches de l’association Murs à Pêches.

En attendant les murs continuent de s’écrouler et au mieux les premiers travaux ne devraient avoir lieu qu’en mars 2010.

La nouvelle équipe municipale prônait les démarches participatives avec les citoyens,  force est de constater qu’elle détruit les initiatives des associations de terrain.

Il y a urgence à  appliquer  les priorités définies par le comité de pilotage en préfecture , c’est-à-dire la restauration des chaperons dans les zones définies comme prioritaires  ( A1 encadré rouge) .

Zones prioritaires de restauration.

Conseils pour ceux qui voudraient consulter

Les lecteurs de ce blog ont sans doute compris à quel point notre association aime la démocratie. Pour nous, elle n’est pas un gadget. Elle n’est pas un oripeau qu’on sort de la naphtaline quand on ne sait plus quoi porter en bandoulière. Elle est à la base du contrat entre les citoyens exigeants que nous sommes.

Et c’est pourquoi notre association a consulté autant qu’elle le pouvait ses adhérents sur l’avenir souhaitable des murs à pêches. Première surprise : le quart a répondu, souvent de manière détaillée. Deuxième surprise, qui n’en est pas vraiment une : nos membres sont profondément attachés à ce site et ne veulent pas entendre parler d’une quelconque urbanisation de ce petit joyau. Si vous voulez en savoir plus, si vous voulez connaître le détail de notre questionnaire, allez cliquer sur l’onglet Documents à droite du panneau. Et dites-nous ce que vous en pensez. Car votre avis nous intéresse.

Nous aimerions beaucoup que la mairie écoute autant que nous ce qui se dit sur ce magnifique quartier historique autant qu’écologique.

Une piscine de plus est-elle une bonne idée ?

J’aimerais furieusement me tromper, mais j’ai dans l’idée que la ville s’apprête à faire une grosse sottise. Or cette ville, c’est la mienne. La vôtre, peut-être.

De quoi s’agit-il ? D’un projet de piscine prévu, en l’état du dossier, dans le périmètre de notre cher quartier des murs à pêches. Pour l’heure, on ne sait pas grand chose. La piscine pourrait être bâtie à l’emplacement du foyer de La Nouvelle France. Et nécessiter un parking d’une très grande surface. Où mettrait-on tout cela ? Mystère.

Oh, bien entendu, le projet serait écologique. Hum. Il y aurait en fait deux piscines. L’une tout à fait ordinaire. Et l’autre, extérieure, dotée de roseaux et peut-être – peut-être – dépourvue de traitements chimiques.

Je vais vous dire : cette deuxième installation pourrait bien être le paravent « acceptable », écologiquement correct, de la première. Car la vraie grande piscine serait à coup sûr celle qui pollue et gâche d’invraisemblables quantités d’une eau pourtant précieuse.

La mairie prétend qu’un tel équipement est nécessaire dans le haut Montreuil, et que la piscine du bas serait saturée. Je demande à voir les chiffres, et à regarder de près. Au reste, qui peut prétendre de bonne foi qu’un investissement aussi important est vraiment une priorité pour le haut Montreuil ? La mairie dispose-t-elle d’éléments qu’elle ne publie pas ? J’en doute fort, mais je suis prêt à être démenti.

Autre point important : la très « éventuelle » demande sociale de piscine ne doit pas, ne peut plus être pensée à l’échelle communale. Mais au contraire mutualisée au plan départemental. On parle par exemple d’une base de loisirs à Romainville. La réflexion s’arrêterait-elle aux frontières de Montreuil ? Cette manière de concevoir l’avenir est inquiétante. Désordonnée. Impensée, si l’on m’autorise ce néologisme.

Il y a encore pire, du moins pour une municipalité écologiste. L’usage de l’eau est en train de changer à une vitesse vertigineuse. On parle depuis quelques années du pic de Hubbert à propos du pétrole, qui marque le point culminant de son extraction. De nombreux spécialistes évoquent aujourd’hui le Peak Water, le pic de l’eau. Nous allons vers un monde où nous devrons concevoir l’eau comme une richesse et une rareté.

Autrement dit, penser son utilisation sous la forme d’une piscine coûteuse et polluante est une pure et simple ringardise. Qu’on ouvre plutôt le débat sur la limitation organisée et volontaire de la consommation d’eau ! Des villes comme Lorient ont réussi dans ce domaine des miracles, au profit de ses habitants les plus pauvres. Ouvrons la discussion !

Et posons les vrais problèmes de l’eau aux murs à pêche. Quand va-t-on rouvrir le ru Gobétue au regard des promeneurs et à leur plaisir ? Quand va-t-on lancer un chantier de dépollution de la nappe phréatique qui court sous les murs, et qui est si gravement polluée ?

Je me répète, et ce n’est pas la dernière fois : où est le débat ?

Fabrice Nicolino

 

PS : Le journal Le Monde daté du 6 février 2009 évoque la question du “pic de l’eau” sous le titre : « Utiliser plus intelligemment chaque goutte d’eau » (ici)

Pourquoi je n’ai pas assisté à la commission extramunicipale samedi

Mais à quoi sert la commission extramunicipale créée par la ville de Montreuil ? Officiellement à discuter collectivement de  l’avenir des murs à pêches. Notre association, MAP, en fait partie, et moi, Pascal Mage, je la représente au sein de la commission.

Ce samedi 24 janvier 2009, une réunion avait lieu, et j’aurais dû y assister. Le mardi, tout allait bien encore. Nous avions reçu un ordre du jour, confirmant ce qui avait été déterminé à l’assemblée plénière précédente,  présidée par notre maire.

Oui, nous allions enfin partir des réalités du site, et améliorer rapidement ce qui pourrait l’être. Compte-tenu de l’ordre du jour, notre association, MAP, fait le tour de tout ce qui bouge aux murs à pêches, contacte d’autres associations, prépare le bilan des actions déjà entreprises sur place.

Sur les 9 associations que MAP contacte, 7 se lancent dans un travail acharné pour fournir au plus vite un état de leur travail. Car retenez qu’entre l’envoi de l’ordre du jour – mardi 20 janvier – et la réunion en mairie – le 24 -, il n’y a jamais que quatre jours ! Donc 7 associations arrêtent toutes leurs activités pour que leur bilan soit prêt le 24.

Et puis, badaboum. Badaboum et mépris total pour notre travail commun. Vendredi 23 janvier à 11 heures, je reçois un nouvel ordre du jour, qui bouleverse tout. On aura droit, sans préavis, à une sorte de grand-messe, avec analyse économique, projet de piscine sur place, et tout le tralala !

Je pose aussitôt ma grelinette – un outil de jardinage -, et je prends mon téléphone, car croyez-le ou pas, on est moderne, à l’association MAP. J’essaie de parler à l’élu en charge du dossier des murs à la mairie, pour obtenir des explications. Impossible de lui parler. J’envoie un email, à madame la Maire, à ses collaborateurs. Rien. Oui je sais, je suis un doux rêveur. Pas de réponse.
Pas de réponse, mais une question qui m’obsède : pourquoi la mairie ne veut-elle pas faire l’évaluation des projets horticoles et culturels déjà existants sur le site des murs à pêches ? Parce qu’ils sont nés sous l’ancienne municipalité, parfois avec son concours ?

Malgré ce comportement que je juge pour le moins contestable, samedi, je me rends à la commission. Où l’on m’explique gentiment qu’on fera le bilan passé et les persperctives d’avenir tout en même temps. Que je ne sais pas lire et que je suis un petit gars trop sensible.

C’est alors que je craque et que je quitte cette étrange commission. Tant pis pour le plateau-repas du midi. Tant pis pour la compagnie de ma charmante voisine. La leçon est claire : je dois apprendre à lire de toute urgence. Et peut-être, surtout, à m’endurcir.

Pascal Mage
Président Association Murs à Pêches

“Et ça s’met dans une commission” **

Je vais tâcher, malgré mon tempérament, de ne pas me montrer trop véhément. Bon, sachez-le, la mairie de Montreuil a créé une commission extramunicipale chargée de réfléchir à l’avenir de notre cher quartier des murs à pêches.

Pour être franc, je trouve cela curieux. Cela me rappelle le sort fait à la « démocratie locale » à d’autres époques, y compris dans des communes de gauche. J’espère, j’espère sincèrement qu’il ne s’agit pas d’un simulacre. L’avenir le dira. Mais le présent n’est pas mirobolant. Je vous invite à lire, dans les onglets Documents du panneau de droite, l’intervention du paysagiste Gilles Clément, connu dans le monde entier, et qui est venu parler le 10 janvier, à Montreuil, devant cette fameuse commission extramunicipale. Moi, je trouve le propos de Clément très intéressant. À une réserve près : je crois qu’il n’a pas totalement saisi le caractère magique, poétique, unique en somme du quartier. N’importe, car ses propos font réfléchir.

En revanche, j’ai calé en lisant les comptes-rendus de la commission extramunicipale. Malheureusement, nous ne pouvons pas les mettre en ligne, car il s’agit de textes internes auxquels la population de Montreuil n’a pas droit. Ce que je peux vous dire en confidence, c’est que j’ai rarement lu une prose aussi indigeste ces dernières années. C’est incompréhensible. Et je reste poli, car il existe dans ce domaine d’autres mots plus imagés. Je ne mets pas en cause la bonne volonté des participants, dont d’ailleurs des représentants de notre association.

Non, je suis certain qu’ils ont pris à coeur leur ouvrage. Mais alors, comment expliquer un tel embrouillamini ? Comment justifier que, sur un sujet aussi sensible, la commission produise des textes que seules quatre ou cinq personnes bien entraînées peuvent démêler ? Je vais vous dire : à ce stade de l’histoire, je suis inquiet. Les murs à pêches ne méritent-ils pas un vrai grand débat à ciel ouvert ? Le bonjour chez vous.

Fabrice Nicolino

** Il s’agit d’un texte de Léo Ferré, clin d’oeil à ceux qui connaissent.