Campagne Municipale: Quatre exigences pour les murs à pêches

Voici notre démarche: nous avons envoyé ce texte aux six têtes de liste déclarées en demandant  leurs avis, de les ratifier, leurs propositions  ainsi que de les rencontrer aux murs à pêches.                   

Photographie Yves Brunet

Photographie Yves Brunet

                                 

Les quatre exigences pour sauver et faire vivre les murs-à-pêches de Montreuil.

Montreuil, mais aussi la zone dense de la région parisienne, disposent, avec les 35 hectares des murs à pêches, d’un joyau inestimable : un vaste espace de respiration, paysager et patrimonial, magique et dépaysant en plein cœur de la ville.

Les murs à pêches demandent une protection forte vis-à-vis des appétits immobiliers et du grignotage foncier en période de rareté foncière.

Cet espace appelle une vision porteuse des dimensions patrimoniale, culturelle, horticole, poétique ; il appelle des jardins et une appropriation respectueuse du site et de ses caractéristiques patrimoniales, permettant la création de lien social.

L’association Murs-À-Pêches, créée en 1994 demande solennellement aux listes en présence pour les municipales de 2014 à Montreuil, de s’engager sur les 4 points suivants :

  1. Il faut sauvegarder la totalité de l’espace, les 35 hectares restants et en premier lieu en interdisant la destruction des murs dans le cadre du PLU ;
  2. Il faut étendre la protection de l’espace au titre des sites et paysages au-delà des 8 hectares actuellement protégés à ce titre depuis 2003 ;
  3. Il faut faire vivre cet espace en s’appuyant sur les initiatives associatives et citoyennes, mais aussi en y mettant les moyens publics (et municipaux) nécessaires ;
  4. Il faut sans tarder et en urgence engager un programme pluriannuel volontaire et doté de moyens suffisants pour préserver progressivement la totalité des murs et enrayer leur dégradation, à commencer par la réfection des chaperons.

L’association Murs-À-Pêches demande aux candidats et candidates de se prononcer sur ces quatre exigences, de les ratifier et d’indiquer leurs propositions pour y parvenir.

A suivre…………………………

Quel gâchis!

Les photographies de ce jour 19 novembre 2013.
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Vous pouvez comparer avec les photographies avant les démolitions, en cliquant sur le lien
https://mursapeches.wordpress.com/2013/10/07/les-jardins-du-coeur-abandonnes-bientot-recouvert-par-la-piscine/

Nous pouvions lire dans un l’appel pour Dominique Voynet pour nouveau mandat, avant son renoncement « °°°°° les progrès réalisés en un mandat sont considérables.°°°°°° de la préservation du patrimoine horticole (Murs à Pêches)°°°° »
Stupéfiant!? Non?
Pascal Mage

Les jardins du coeur abandonnés, bientôt recouvert par la piscine?!

Cette semaine, j’ai fait un petit tour aux anciennes parcelles du jardin du cœur.
Pascal Mage
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Oui, les murs à pêches sont bien des O.V.N.I., mais à Montreuil l’imagination n’est pas au pouvoir.

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Voici le tract que nous avions diffusé il y a 2 ou 3 ans.PISCINE 001

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La municipalité s’était engagée à réinstaller, le chantier d’insertion des jardins du cœur sur les murs à pêches, promesse non tenue*, ( Car comme nous l’écrivions  » les énergies citoyennes ne sont pas indéfiniment renouvelables. ») * Les Jardins du cœur ont été réinstallés sur un espace plus petit à la ferme Moultoux, ce qui a conduit à la suppression de l’association « Maison Accueil Soleil » qui s’occupait de femmes en difficultés.

Nous demandons encore à notre Municipalité, la sauvegarde du paysage et de notre patrimoine, la réduction de 10% de l’emprise de la piscine, afin de préserver les anciennes parcelles du jardin du cœur.
Pascal Mage président de l’association des Murs à Pêches.

Communiqué de presse – Annulation du PLU de Montreuil

Annulation par le tribunal administratif du Plan local d’Urbanisme (P.L.U) de la ville de Montreuil.( Décision lu en audience publique le 28 juin 2012)

L’association des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron ( ANCA) et l’association Murs à Pêches ont obtenu avec d’autres requérants, l’annulation du P.L.U de Montreuil..

En effet nos deux associations ont demandé une annulation partielle du PLU concernant le territoire des Murs à Pêches au motif que la zone naturelle (Zone N ) définie par la municipalité n’est pas conforme au code de l’urbanisme parce qu’elle permet une urbanisation « non strictement limitée»: en d’autres termes, elle permettait la détérioration du site naturel et du paysage des Murs à Pêches.

Le tribunal a reconnu nos arguments de fond et a demandé l’annulation du PLU de Montreuil.

Nous regrettons, que malgré notre insistance, la municipalité n’ait pas souhaité ouvrir le dialogue avec les associations qui l’ont longuement alerté à ce sujet.

L’association Murs à Pêches milite depuis 1994 pour la sauvegarde et la valorisation du quartier des Murs à Pêches, espace insolite et poétique menacé par la pression urbaine.

En 2000, l’association Murs à Pêches a été à l’origine de la demande de classement au titre des sites et paysages (inconstructible) de 16 hectares de Murs à Pêches dont 8 hectares ont été finalement retenus.

Aujourd’hui,les associations Murs à Pêches et des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron demandent que la municipalité préserve de l’urbanisation les 37 derniers hectares de Murs à Pêches et crée une véritable zone naturelle.

Nos associations souhaitent que le dialogue soit renoué et ouvre à une véritable concertation c’est à dire la mise en question des grosses infrastructures déjà prévues sur le site.

Les associations

Vous pouvez cliquer sur Le jugement

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Stop ou Encore – A nous de choisir?

Situé sur le Triangle de Gonesse entre les deux aéroports de Roissy et du Bourget, Europa City est en fait un vaste supermarché avec des attractions et des loisirs payants (piste de ski et plage de sable fin).Europa City n’a pas sa place sur le Triangle de Gonesse : L’est du Val d’Oise et les communes voisines de Seine Saint Denis sont suréquipées en centres commerciaux. Contrairement à ce qui est dit ces équipements détruisent des emplois : pour un emploi créé dans la grande distribution, quatre emplois seront détruits dans d’autres secteurs de l’économie selon la chambre de commerce et d’industrie de Paris.

Ces terres de la Plaine de France sont les meilleures de France : c’est une ressource millénaire, qu’il faut préserver pour l’alimentation future de nos populations.

Nous avons besoin de commerce de proximité, de services publics, d’équipements culturels et sportifs en centre-ville et dans nos quartiers.

http://www.cptg.fr

Pour comprendre les enjeux vous pouvez lire ou écouter une chronique éclairante de  Jean-Brice SENEGAS de Fréquence Terre.
http://www.frequenceterre.com/chroniques-environnement-110611-2325-le-grand-paris-quels-tranports.html#

Publié initialement le 13 juin 2011

Un pas en avant de Madame La Maire.

Suite à l’assemblée générale d’Environnement 93, le 27 mars où l’association Murs à Pêches a déposé une motion concernant le PLU, qui fût discutée, amendée et votée par l’assemblée.
Mme La Maire a écrit à la présidente d’Environnement 93, Agnès Auger « Votre position m’étonne beaucoup, tout d’abord parce qu’elle semble ne refléter qu’une connaissance partielle de la réalité du site tel qu’il est aujourd’hui. » Elle explique que « l’emplacement de la piscine sera bâtie sur une esplanade désolée et polluée » oubliant que les très belles parcelles des jardins du cœur sont sacrifiées à ce projet.
Parcelles qui forment un ensemble magnifique où des milliers et des milliers d’heures de travail ont permis de restaurer les murs et les sols.

Où est le pas en avant ? D’abord elle reconnaît la véracité de l’affirmation de l’association Murs à Pêches sur le droit de faire des logements dans la fausse zone de protection NAG. Des constructions pouvant faire jusqu’à 8 mètres de hauteur et couvrant jusqu’à 20% de la surface au sol des jardins.
Elle écrit « S’il existe en théorie une possibilité d’y réaliser des logements dans un cadre très limitatif et contraint … je peux vous garantir qu’aucune autorisation d’urbanisme ne sera donnée dans ce sens  » à notre connaissance le PLU est opposable y compris à la municipalité et de fait elle ne peut aller contre les prescriptions du PLU, d’ailleurs, Madame La Maire s’engage auprès d’Environnement 93 « à changer ce point du règlement à l’occasion de la première modification du PLU qui interviendra à la fin de l’année » , alors merci pour cette rectification.
Je rappelle là, les propos désobligeants du Maire-adjoint en charge des associations et de la démocratie locale, nous traitant publiquement de « paranoïaques » car nous dénoncions cette NAG. C’est un récidiviste dans l’anathème exigeant un jour que nous retrouvions « nos esprits », ou bien énonçant à la télé locale que nous étions « merdiques », il semblerait qu’il ait une dent contre nous, à moins que nous ne soyons vraiment paranoïaque. Un ami qui fait du théâtre m’a dit heureusement qu’il est en charge de la démocratie locale, comme ça nous sommes protégés à la culture.

Mme La Maire a aussi proposé de rencontrer Environnement 93 et Ile de France Environnement sur le site, nous sommes satisfait et nous saluons  cette volonté de dialogue. Il faudra que celle ci débouche sur des progrès concrets.
À nous, à vous d’amplifier la mobilisation contre ce PLU détruisant le paysage des Murs à Pêches.

Ile de France Environnement PLU

Motion PLU Montreuil Environnement 93
lettre Mme La Maire

Enfin un premier débat!

Rien n’est ficelé, sauf que tout est écrit….. ( Le dossier déposé par la municipalité à la région comporte 160 pages, voir les 3 pages extraites jointes au billet https://mursapeches.wordpress.com/2010/03/24/le-projet-politique-de-mme-voynet-sacrifier-les-murs-a-peches/ ).

Allez, allons au débat organisé par Montreuil Vraiment ( l’association politique de la majorité municipale).

Il faut souhaiter qu’il soit le premier d’une série.

L’un des protagonistes du débat est Fabrice Nicolino qui a signé sur ce présent blog  « Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand » : https://mursapeches.wordpress.com/2010/03/30/madame-voynet-et-la-nouvelle-bibliotheque-francois-mitterrand/

Ici Invitation de Montreuil Vraiment.

Ici la vision de l’association concernant l’avenir des Murs à pêches.https://mursapeches.wordpress.com/2010/03/23/la-bonne-recette-pour-un-quatre-quart-reussi/

Ici l’analyse de Jean Kuypers, qui a travaillé au classement du site.https://mursapeches.wordpress.com/2010/04/13/central-park-a-montreuil/

Alors, venez mardi pour le plaisir d’écouter et d’entendre les arguments, et peut-être pour donner les vôtres?

Voila 15 hectares au bas mot doivent disparaître de ce site!


Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Et son paysage sera détruit par le mitage des constructions prévues par la municipalité.

Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand

Préambule : compte tenu de ce que je vais écrire, il est bon que je me présente un peu. Je suis journaliste et je connais Dominique Voynet depuis environ vingt ans. Je ne suis et n’ai jamais été de ses intimes, mais je la connais donc depuis cette date. J’ai eu souvent la dent dure contre elle, et ne le regrette pas. Mais je sais aussi que dans certaines circonstances – le sort d’un homme en prison -, lorsqu’elle était ministre, elle a su se montrer une femme digne et courageuse. J’ai voté pour elle dès le premier tour des élections municipales, et accepté de faire partie de son comité de soutien à cette occasion. Voilà. Je la connais. Je ne suis pas son ennemi. Je ne suis pas son beau miroir.

Venons-en à la très grave question de l’aménagement du quartier autour des Murs à pêche de Montreuil. On le sait, j’imagine que vous savez tous que madame Voynet a décidé la création d’un immense quartier de 200 hectares, couvrant environ le quart de la ville. Il s’agit, au sens le plus terre-à-terre de l’expression, d’un projet pharaonique. Toutes les ressources de la ville, et bien au-delà évidemment, y seront englouties pour au moins une génération. Le chiffre colossal de 2 milliards d’euros d’investissement est avancé par la ville elle-même. Il est clair, il est manifeste, il est indiscutable que Montreuil, dans l’hypothèse où ce projet verrait le jour, ne serait plus jamais la ville qu’elle a pu être. On joue là les 100 prochaines années de cette ville. Retenez ce chiffre, car il n’est pas polémique. Un projet de cette dimension décide d’à peu près tout pour 100 années. Plutôt long, non ?

Toujours plus d’habitants

Nous sommes face à une oeuvre urbaine colossale et sans précédent. Elle comprend des travaux lourds – une piscine, une médiathèque, des écoles – qui de facto formeraient une ville nouvelle. Surtout, 3 000 logements seraient construits sur place, ce qui entraînerait mécaniquement l’installation de milliers – 10 000 ? – d’habitants supplémentaires dans une ville qui en compte 102 000. Pourquoi pas, certes. Mais aussi et avant tout : pourquoi ? Cette question n’est pas même évoquée par l’équipe de madame Voynet, ce qui est tout de même très singulier. Oui, posons calmement la question suivante : pourquoi diable faudrait-il densifier encore une ville de 100 000 habitants aux portes de Paris, alors même que Montreuil est la signataire – en grandes pompes – de la charte européenne dite d’Aalborg, qui prône exactement le contraire (ici) ? Lisez ce texte limpide et magnifique, et vous m’en direz des nouvelles. Le paradoxe, qui n’est pas le dernier, est que ce texte a été signé par l’ancienne municipalité, qui en bafouait allègrement les principes. Mais voilà que la nouvelle fait de même. Étrange.

Recommençons : pourquoi ? Le seul argument que j’ai entendu est celui-ci : la demande de logements est considérable. Une telle flèche est censée foudroyer le contradicteur. Mais elle ne produit pas le moindre effet sur moi, et voici pourquoi. La question du logement se pose évidemment, ÉVIDEMMENT, au niveau de toute la région. Complexe, elle engage pour des décennies et mérite donc des discussions approfondies, des arbitrages, des péréquations. Peut-être est-il plus judicieux de bâtir en d’autres points de notre région, en fonction de paramètres sinon raisonnables, du moins rationnels ? Mais il n’y a eu aucune discussion sur le principe même de ces nouvelles constructions. Ou bien peut-être à l’abri des bureaux municipaux, à l’ancienne ?  Or, l’avenir commun se discute et se décide en commun, a fortiori quand on entend faire de la politique autrement, comme l’aura tant clamé madame Voynet au long de sa carrière.

L’aspirateur à ordures

Pourquoi ne dit-on jamais qu’il existe plusieurs milliers – on parle de 4 000 – logements inoccupés à Montreuil ? Pourquoi ne dit-on jamais la vérité sur l’état de dévastation énergétique et écologique de tant de cités populaires de la ville ? N’y a-t-il pas là de magnifiques chantiers de restauration de la vie collective, susceptibles de redonner confiance aux citoyens dans l’action politique ? Je prétends que la priorité des priorités, dans le domaine du logement, est de s’attaquer à l’amélioration de ce qui existe. Et je défie quiconque de me prouver le contraire dans une réunion publique contradictoire. Construire 3 000 logements neufs, dans ces conditions, s’appelle une fuite en avant, dans tous les domaines. Et un gaspillage monstrueux de matières premières de plus en plus précieuses. Cessons de rigoler ! Cessons de parler d’écologie du haut des tribunes avant que de recommencer les erreurs du passé. Dans le monde malade qui est le nôtre, sur cette planète surexploitée, épuisée par les activités humaines, lancer un chantier de cette taille est une très mauvaise action. Une sorte de manifeste de l’anti-écologie.

Ah ! la piscine sera « écolo » ? Ah ! Les parkings seront à l’entrée du quartier ? Ah ! la collecte des déchets se fera par aspiration souterraine ? Franchement, lecteurs de bonne foi, ne voyez-vous pas qu’on vous mène en bateau ? Sous le label passe-partout d’écoquartier, qui sera bientôt aussi dévalué que celui de « développement durable », on se livre à une vulgaire manipulation des esprits. Les vrais écoquartiers, très exigeants, sont connus. C’est le cas par exemple dans la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui est aujourd’hui annoncé, qui n’est que poudre aux yeux. À Fribourg, madame Voynet, il s’agit de changer la vie quotidienne par une politique audacieuse des transports, une réduction des volumes de déchets, un usage généralisé de formes d’énergie renouvelable. À Montreuil, misère ! on cherche à nous « vendre » un système souterrain pour qu’on ne voit plus en surface nos ordures. Au fait, ce système nouveau, Veolia ou Suez ? Vous vous doutez bien qu’un investissement pareil ne saurait se faire sans l’appui de grands groupes immobiliers, aussi de gestion de l’eau et des déchets. C’est inévitable. Mais ce n’est pas en 2020 que nous avons besoin de l’ouverture franche, directe et totale du dossier, car ce sera alors trop tard. Non, c’est maintenant. Je gage que de très mauvaises surprises nous attendent au tournant. On parie ?

Le Poivron était trop vert

Reste, avant ma conclusion, la redoutable et dévastratrice – pour madame Voynet – question de la démocratie. Comment une femme écologiste ose-t-elle lancer des travaux de cette dimension sans en appeler avant tout au débat public ? Oui, comment ose-t-elle ? Quand on prétend changer le cours de l’histoire locale sans seulement consulter la population, mérite-t-on encore sa confiance ? Un projet d’une ampleur pareille ne saurait partir d’un autre point que l’examen contradictoire des besoins sociaux, culturels, écologiques de la cité. Cela n’a pas été fait. Ce qui a été fait, ce qui se fait sous nos yeux, c’est une tentative de passage en force. Comme aurait fait Jean-Pierre Brard naguère. Comme ont fait des milliers de maires dans le passé. Comme le font tous ceux qui ne croient pas à la démocratie, mais au pouvoir.

J’ai sous les yeux des articles du journal montreuillois Le Poivron, jadis animé par Patrick Petitjean, aujourd’hui maire-adjoint. Je lis dans le numéro 73, de septembre 2005, sous la plume de Petijean, et à propos de projets municipaux de bétonnage des Murs à pêche, ceci : « Les mêmes interrogations se sont fait jour au conseil municipal le 30 juin : Pourquoi, brusquement, une telle précipitation ? Pourquoi court-circuiter le débat en cours sur le Plan Local d’Urbanisme ? Pourquoi cette absence de plan global, au contraire des exigences de la procédure de classement partiel ? ». Je pourrais citer la collection complète du Poivron, qui rend hommage, au passage, à l’association dont je suis membre, MAP, présentée comme celle qui a permis le classement, in extremis, de 8 hectares des Murs. Je pourrais continuer, ad nauseam. Autres temps, autres moeurs. Comme il est simple, facile et confortable d’oublier ses promesses, n’est-ce pas ?

Au pays de la grosse tête

J’en arrive à ma conclusion. Que cherche donc madame Voynet ? Je n’en sais rien, car je ne suis pas dans sa tête. Mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le défunt président François Mitterrand. On s’en souvient, ce dernier avait, tel un roi républicain, voulu marquer de son empreinte le sol de cette ville éternelle qu’est Paris. D’où cette politique ruineuse de grands travaux, dont le fleuron le plus affreux est sans conteste la Très Grande bibliothèque des quais de Seine. J’ai le pressentiment que Dominique Voynet est atteint du même syndrome mégalomaniaque, classique, ô combien !, chez nos politiques de tout bord. Elle entend décider seule, éventuellement contre tous, de l’avenir d’une ville qui nous appartient, à nous et à nos enfants. Je souhaite ardemment que Montreuil tout entière se lève pour dire NON ! Cette ville populaire, cette ville volontiers rebelle doit retrouver la fougue passée, et donner de la voix. Si les élus actuels ont oublié d’où vient leur provisoire légitimité, je pense qu’il est grand temps de le leur rappeler.

Rien n’est encore perdu. Tout peut être modifié, sauvé, changé, à la condition d’unir, loin de toute considération électoraliste. Nous verrons bien, je ne suis pas devin. Mais il serait accablant que madame Voynet reproduise, à son échelle, ce que tente Christian Blanc, le secrétaire d’État de Sarkozy, avec le Grand Paris. C’est-à-dire un projet délirant, du passé, dépassé, de métro géant – la « double rocade » -, qui ruinerait les ressources publiques de l’Île-de-France pour des dizaines d’années. Ce que nous refusons à l’un, nous devons évidemment le contester à l’autre. Nous voulons, je veux en tout cas de la discussion, de l’ouverture,  de la démocratie. Et pas un lamentable simulacre. L’urgence est de remettre tout le dossier à plat. Pour l’heure, souvenez-vous en, rien n’est fait. Et tout est possible. Même le meilleur.

Fabrice Nicolino, le 30 mars 2010