Une inauguration au goût d’inachevé

Rendez-vous avait été fixé le vendredi 27 mai à 18h00 impasse Gobetue pour « l’inauguration des travaux de maintenance des murs à pêches » ainsi qu’ « un temps d’échange convivial en Présence du Maire, Patrice Bessac », de messieurs Nègre et Le Chequer les élus en charge des Murs à pêches

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Photographie Remi Paquetin

Une soixantaine de personnes s’étaient rendues à l’événement, profitant d’un soleil radieux venu troublé les pronostics météo.  Le cortège se mit en branle pour faire une première étape aux Jardins de la Lune afin d’y constater un exemple d’intervention qui, plus que de nuire aux plantes et au paysage, semblait les avoir mis en valeur. Alors que quelques débats s’animaient en queue de peloton, la procession s’arrêta aux abords de la prairie pour écouter le témoignage d’Anne, une jardinière venue s’exercer au maniement du plâtre à l’occasion d’une journée d’initiation organisée par la Mairie.

 S’en suivirent, un passage dans la parcelle Vivre les murs, un arrêt prolongé dans le magnifique jardin de Patrick et Geneviève et une incursion éclaire dans les Jardins familiaux. C’est qu’on ne rigole pas avec le protocole… et la flânerie espérée prit peu à peu des allures de cavalcade. Menée de pieds fermes par les élus,  la procession remonta l’Allée des architectes pour rejoindre la rue Saint Antoine et gagner la parcelle des Lez’arts où chacun put admirer l’ampleur du travail accompli conjointement par les membres de l’association et les maçons mandatés par la ville.

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 Ultime halte du parcours, La Girandole, où Monsieur le Maire et ses acolytes s’étaient promis d’abreuver les pèlerins de boissons et d’annonces.  Sur ces points, la soif ne fut que partiellement étanchée. Car si l’on peut remercier la Mairie pour ces premiers travaux de maintenance, difficile en revanche de se contenter des engagements brumeux qui, noyant le poisson, donnèrent un goût amer au jus de pomme bio.

 Pas de travaux de maintenance à l’automne. Pourquoi ? Pour des raisons administratives, des cuisines d’appel d’offre qui rendent l’intervention impossible…

 L’ouverture d’une Maison des murs à pêches. Quand ? Pourquoi ? Pour qui ? Comment ? Probablement pour les Journées du Patrimoine… Rien de plus.

 Et quid des 100 000 euros annuels promis ? S’ils semblent maintenus pour les années à venir, nul ne pourra dire ce qu’il est advenu des montants garantis en 2015 et 2016.

Il semble toujours plus facile de parler de ce qui ce fera que de ce qui devait se faire.

Bref.

Merci pour l’intention.

Merci pour la convivialité.

Pour l’échange, on en reparlera sans doute autour d’un café quand nos élus auront davantage de grains à moudre !

 

6 questions à Arlette Auduc

Arlette Auduc a été en charge du livre  patrimoine horticole de Montreuil. Nous venons de refaire un tirage de cet ouvrage épuise, grâce à la donation de Micheline Saint André adhérente fidèle. Le Conservateur du patrimoine a rajouté un paragraphe d’actualisation. Ce livre a eu une forte influence quand l’association Murs à pêches a demandé le classement  au titre des sites et paysages, classement obtenu en urgence en 2001. Vous pouvez bien sûr vous procurer cet ouvrage auprès de l’association.

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Quel est le patrimoine qui a le plus marqué dans votre carrière ?

Il y a deux choses qui m’intéresse :le patrimoine de l’humanité c’est à dire les grands lieux qui parlent à tout le monde Panthéon, Louxor. Par delà le temps et l’espace, ce sont des lieux qui parlent même si les cultures ont disparu. le patrimoine ordinaire : celui qui fait sens dans la vie quotidienne, qui fait appartenance. Par exemple, les murs à pêches. Ça nous ancre dan un territoire et une succession de générations qui nous relie à l’ensemble.

Est ce qu’un patrimoine est définitivement sauvé ?

Si il n’est pas réapproprié, il n’est pas sauvé. C’est la population par son attachement qui va sauver le patrimoine. C’est le présent qui sauve le passé lorsque l’héritage est accepté et pris en charge et si on ne se reconnait pas dedans, on peut le refuser aussi.

Quelle perspective dans un avenir proche avec le Grand Paris pour la sauvegarde des patrimoines?

Les opérations d’aménagement doivent tenir compte de ce qui existe déjà sur le territoire. Les enjeux sont la conservation et l’intégration du « déja là » pour le refaire vivre dans le territoire. Le patrimoine n’est pas mort, figé mais il faut lui trouver des nouveaux usages. Ce sont des projets collectifs qui demandent de la concertation et de la consultation. Par exemple il y a des gares qui vont s’intégrer à ce qui est déjà et d’autres qui vont être à détruire pour reconstruire…

Le rôle des conservateurs n’est pas de tout à garder mais également de détruire ce qui est mort, ne fait plus sens. On est dans des sociétés vivantes. Que garde t-on du passé pour construire l’avenir ? Les patrimoines sont un fait social, servent de transmission et d’héritage.

Comment en êtes vous arrivez à écrire un livre sur la patrimoine horticole de Montreuil ?

J’ai d’abord fait un travail étudiant. Puis quand j’étais à la DRAC, on a constitué un groupe de travail avec mission d’étudier le patrimoine culturel de chaque commune d’Ile de France et de constituer un inventaire pour avoir un Etat des lieux des patrimoines en France. J’étais en charge d’un canton en Essonne et d’un canton à Montreuil. L’étude était un partenariat entre la DRAC et le patrimoine horticole. J’étais accompagnée par un photographe et une stagiaire en ethnologie. Sur les patrimoines ordinaires, l’histoire disparaît encore plus vite! Le maraîchage des horticulteurs de Montreuil alimentait Paris, sa petite couronne mais aujourd’hui cela a disparu, ce patrimoine étaient liés à ces usages et lorsque les usages disparaissent, le patrimoine aussi. Les enjeux sont de trouver d’autres usages.

Qu’est ce que vous retenez des murs à pêches ? quels liens avez vous avec aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je m’attache à faire connaitre et valoriser ce lieu, j’ai fais des visites régulièrement et je continue à les fréquenter. J’ai un attachement toujours présent en tant que citoyenne et habitante de Montreuil. L’enjeu d’aménagement est essentiel. Pour les horticulteurs qu’on avaient rencontré c’était leur outil de travail. Aujourd’hui il n’y a plus d’horticulteurs, que fait-on de ce territoire qui est urbain maintenant ? On ne va pas remettre 30 hectares pour la culture de pêches. Quels usages vont répondre à la demande dans une société qui a besoin de logement, de travail, de transformer son lien à la nature. Il faut des projets collectifs.

Qu’est ce que vous regrettez de ne pas avoir fait ?

Je regrette de ne pas avoir fait avancé l’idée de François Barret « la mémoire et le projet » : idée que les projets d’aménagements n’ont de sens que si ils s’ancrent dans une mémoire, une histoire, dans la continuité. La création c’est important. Une continuité qui peut s’accompagner de ruptures. Convaincre qu’il n’y a pas d’opposition entre la mémoire et le projet et c’est à la population de le prendre en charge. Dans nos sociétés en crise, seuls les artistes apportent des réponses. La création architecturale m’intéresse beaucoup. Seuls les artistes peuvent animer un lieu et lui donner du sens.

Interview réalisée par Julia Borie

La restauration vu par les habitants

Saadia une habitante amoureuse des murs à pêches et jardinière sur la parcelle des jardins familiaux a présenté la restauration des murs via une exposition dans le cadre du festival

Cliquez sur le lien pour voir le document :

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Photos de Christiane Lekbir

Fêtons et exigeons

Vendredi 27 mai, le maire Patrice Bessac inaugure les chantiers réalisés par les maçons du patrimoine, voir ici le courrier explicatif des élus.

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Ne boudons pas notre plaisir, ces chantiers font suite, notamment à l’édito du festival de l’année dernière, qui dénonçait l’absence totale de politique d’entretien de notre patrimoine.
Notre association n’a pas l’habitude de donner de satisfecit.
Mais, nous devons reconnaître une nouvelle méthode faite d’un soutien des élus à un profond travail de terrain par les fonctionnaires de la ville en relation avec les acteurs locaux.
Ce satisfecit dépendra de la suite, car il faut maintenir cet effort de qualité, dans les travaux, par des campagnes successives et dans la sauvegarde complète du site. Cette première campagne ne représente que quelques milliers d’euros et nous exigeons qu’une politique forte et soutenue soit conduite pour les murs à pêches.

Nous répondrons de bon cœur à l’invitation du maire Patrice Bessac et des élus.

Venez vous rendre compte du travail réalisé en peu de temps et un coût fort raisonnable.

Point de rendez-vous municipalité : 18h Impasse Gobetue ou 19h A la girandole théâtre de verdure 65 rue Pierre de Montreuil

Pascal Mage

Hommage Geneviève Pouplier

Geneviève Pouplier était horticultrice, descendante de la famille Vitry, elle vient de décédée. Elle fut très attachée aux murs à pêches, pendant longtemps elle vendait au marché d’Aligre ses dahlias et ses lilas qu’elle cultivait fort bien.

C’était une femme au fort caractère qui s’était prononcée favorablement au classement des murs à pêches et qui était pour la sauvegarde de ses jardins en souvenir de sa mère.

Aujourd’hui grâce au Sens de l’Humus, l’activité de culture des dahlias est maintenue et les parcelles sauvegardées, fort heureusement.

http://www.ina.fr/video/PAC9707171281

Cliquez sur le lien pour voir et entendre Mlle Pouplier dans les murs à pêches, à 1min15

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Dahlias au Sens de l’Humus, novembre 2015

Lettre du Conseil de Quartier

Ci-joins la lettre à laquelle nous souscrivons et désirant connaître notamment la continuité  des chantiers de maintenance du patrimoine.

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Montreuil, le 24 avril 2016

A Gaylord LE CHEQUER et Jean-Charles NEGRE

Bonjour,

Nous revenons vers vous pour faire le point sur la situation du dossier « murs à pêches ».

Les travaux de maintenance des murs sont en cours, nous sommes satisfaits de leur déroulement.  Il s’agit de la première tranche  annuelle « 2015 » consacrée au traitement de sites présentant des risques pour la  sécurité publique, sachant que les engagements municipaux qui ont été annoncés pour l’exercice 2016 sont de 200.000 euros.

Nous vous remercions de nous faire connaître le planning retenu pour l’identification et le traitement des autres désordres, puisque toute politique sur les murs à pêches passe par la sauvegarde de son paysage spécifique.

Nous vous remercions également de nous faire connaître le calendrier de l’ouverture de la Maison du projet des murs à pêches, annoncée pour ce Printemps,  dans laquelle les partenaires associatifs du quartier et les habitants voient un encouragement et un symbole de l’engagement de la Ville pour l’avenir du site. Elle favorisera les projets partagés qui ont d’ores et déjà commencé à donner lieu à des temps de réflexion entre partenaires.

Aujourd’hui à l’agenda de notre Ville, le PLU va être le cadre et l’outil déterminants pour l’avenir du site. Nous nous inscrivons pleinement dans le processus participatif proposé par la Ville, et en tant qu’habitants et partenaires associatifs vigilants et concernés, nous engageons également un travail approfondi sur le sujet, au sein de nos instances de réflexion (groupes de travail, conseil de quartier …).  Des propositions vous seront faites concernant les zonages et la réglementation des murs à pêches.

A cet égard, nous sommes désolés du traitement récemment subi par la parcelle municipale donnant sur la rue Pierre de Montreuil (BZ  213 BZ 219) alors que nous partagions la nécessité de la préserver – murs et parcellaires donnant sur le fronton des rues extérieures. En effet, cette parcelle  a toute sa place dans le site des maps puisqu’elle offre un accès et une lisibilité depuis la rue Pierre de Montreuil.

L’un des projets participatifs retenu par les habitants porte sur un chantier de maintenance et d’aménagement de jardins publics au sein des murs à pêches. Bien entendu nous sommes partants pour le co-conduire avec l’ensemble des parties prenantes de ce projet.

L’agenda de la révision des conventions de mise à disposition des parcelles ainsi que leur contenu constitue l’un des sujets prégnants sur le site des maps. Nous vous saurions gré de nous faire connaître l’état d’avancement de cette question.

Lors de votre dernier courrier du 26 janvier, complété par un courriel du 2 février, vous nous avez indiqué que la Ville réfléchissait à l’organisation et la forme juridique les plus adaptées pour une gestion globale du site, qui permette que des concours financiers viennent abonder les capacités de la Ville. Nous sommes inquiets de votre silence sur ce point, dans une période où les budgets se resserrent de tous les côtés et où il est important que la Ville puisse reprendre l’initiative sur le foncier du site (vis à vis de l’Etat, du Département ..) afin de protéger le patrimoine historique, culturel et social que constituent les maps,  et qu’une structure fidèle aux valeurs qui nous rassemblent, capable de s’adjoindre des financements notamment privés, soit en capacité de porter un projet fédérateur des énergies.

Dans votre dernier courrier vous nous aviez également informés de la rencontre prévue au mois de mars avec le Ministère de la Culture, sur l’aspect patrimonial des maps. Nous restons dans l’attente des perspectives qui ont pu se dégager à l’issue de cette rencontre.

Vous remerciant par avance de vos réponses qui seront communiquées à nos partenaires et aux habitants lors du prochain Conseil de Quartier, nous vous adressons nos très cordiales salutations.

Le Collectif d’animation du Conseil de Quartier SIGNAC-Murs à pêches –

A quoi sert Natura 2000? A rien!

Le département avec l’accord de la municipalité a le projet de construire un collège sur une zone Natura 2000, (extension du Parc des Guilands à Montreuil). Nous assistons ces dernières années à un bétonnage de plus en plus marqué des banlieues proches de Paris comme Montreuil. La pétition jointe explique que le besoin de ce collège n’est pas démontré, même si les pétitionnaires ne sont pas contre la construction d’un collège. Ils sont surtout pour la préservation d’un espace naturel, récréatif, et convivial, important pour le quartier qui permet les rencontres intergénérationnelles, des rencontres entre les jeunes et les plus âgés autour de la pétanque, des soirées conviviales et un terrain de foot pour les ados.

Pétition : https://www.change.org/p/la-mairie-de-montreuil-93100-le-maintien-et-le-d%C3%A9veloppement-d-une-zone-natura-2000
Merci de signer et de faire signer cette pétition, ainsi que de relayer cette pétition à vos contacts ; le temps  est compté pour nous opposer à cette décision absurde et injuste.

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PÉTITION des riverains de 138 bd de chanzy, à Montreuil :
Nous (habitants de Montreuil et des environs, utilisateurs et riverains du stade André Blain et de la zone « Natura 2000 ») nous opposons à la destruction de la zone classée « Natura 2000 » pour y construire un collège.

Nous dénonçons :
– les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’enquête publique : non-concertation préalable élargie, absence de publicité visible, non-information des habitants (ni par le journal local, ni par le site de la Mairie) ;
– la médiocrité, les nombreuses inexactitudes et omissions du dossier d’enquête publique, ainsi que du rapport d’enquête publique ;
– l’abandon de fait du projet et de la promesse de faire de ce lieu une coulée verte avec aires de jeux, qui relierait le Parc des Guilands au square Denise Buisson…

Les souhaits des citoyens
Conserver et développer cet emplacement qui est une zone unique de respiration et de loisirs, pour les nombreuses personnes de tous âges qui y viennent pour se rencontrer, partager, jouer aux boules, au foot, et autres activités.

Préserver et aménager cet espace ouvert du quartier qui permet de nombreux échanges, favorisant le bien-vivre ensemble, les mélanges culturels et intergénérationnels.

Pour information : « France Nature Environnement Ile de France » et « EELV de Bagnolet » sont contre la destruction de la zone « Natura 2000 », mais pas la majorité municipale de Montreuil constituée en partie de membres locaux d’EELV…

À propos de la nécessité d’un nouveau collège…
Nous sommes favorables à la construction d’un collège, mais nous contestons le choix de son emplacement. D’autant que d’autres alternatives sont possibles, notamment la ZAC Fraternité ou de nombreuses friches disponibles entre le Bas-Montreuil et Bagnolet.

Cependant, une interrogation perdure : alors qu’aucune donnée brute n’a été fournie qui aurait permis de connaître les besoins ; le Département affirme que 259 places (sans ce futur collège) seront encore disponibles sur Montreuil en 2022 ; alors où est le besoin ?

Pire (information également absente du dossier d’enquête), sa réalisation sera financée par un « partenariat public/privé ». Ce mode de financement est régulièrement dénoncé par des sénateurs, des députés et la Cour des comptes comme celui ayant produit le plus de dérives et de surcoûts budgétaires pour l’État et les collectivités qui y ont fait appel (pour information : cet article du Monde).
Nous dénonçons ce choix de financement de la Ville de Montreuil et du Département qui démontre le peu de cas qu’ils font de l’utilisation de l’argent public, et qui invalide les raisons soi-disant économiques qui ont dicté le choix de ce terrain.

 

Le chantier de sauvegarde continue.

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Bienvenue au nouveau Mur !
Son ancêtre s’étant partiellement effondré, il convenait de donner à ce mur une nouvelle jeunesse. C’est désormais chose faite. Dans le cadre d’un chantier de maintenance initié par la mairie, les maçons, aidés de quelques jardiniers enthousiastes et autres amoureux des Murs à pêches, sont venus à bout d’un épais lierre et d’un haut tas de terre… qui cachait en vérité un trésor : une montagne de silex et de plâtras. C’est ceux-là même qui ont servi à appareiller ce parement de 6 mètres linéaires, désormais couvert d’un glacis de plâtre. Longue vie aux murs et merci aux travailleurs !
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Le nouveau mur