Auteur : map
Regardez « Les murs « horticulturels » de Montreuil » sur YouTube
Encyclopedie murale
Impasse Gobetue la fresque retraçant l’évolution des formes fruitières à Montreuil depuis le XVIIème siècle est quasiment achevée. Les noms des formes seront fixés prochainement.
Reportage de notre talentueuse amie Victoria Berni
Ce lundi au clos.
Livraison du compost.



Le réconfort gustatif.

Et l’atelier four céramique.


Les héritages en agriculture urbaine
Urban Agri-Cultural Heritage de Frank Lohrberg, Katharian Christenn, Axel Timpe, Ayça Sancar
La filière « architecture du paysage » de l’Université Technique d’Aix-la-Chapelle (RWTH Aachen University) publie une large synthèse des héritages de l’agriculture urbaine à l’échelle mondiale et la façon dont leur prise en compte peut – et doit – influencer la manière d’envisager et de planifier les villes futures.

L’ouvrage fait le lien entre les héritages de l’agriculture urbaine et les politiques de sécurité alimentaire actuelles.
Si l’Organisation pour la Nourriture et l’Agriculture (Food & Agriculture Organisation) des Nations-Unies finance des projets de micro-jardins dans le cadre de son programme Growing Greener Cities Initiative, les liens avec des systèmes d’agriculture urbaine préexistants et ne sont pas toujours faits et les médias se focalisent sur des solutions environnementales technologiques :culture hors sol, fermes verticales, façades végétalisées…
L’ouvrage propose un retour historique pour montrer que l’agriculture urbaine n’est pas une invention du XXIème siècle mais doit s’appuyer sur des savoir-faire existants.
Le concept de paysage culturel s’appuie sur la compréhension des savoir-faire locaux, informels et souvent intangibles.
L’ouvrage aborde près de 50 sites dont la redécouverte et la compréhension est un enjeu environnemental et alimentaire majeur.



Cultures du cresson d’eau et fête du choux-fleur à Erfurt en Allemagne




Segmentations agricoles de Tokyo héritées de l’époque d’Edo et jardins associatifs actuels.


On découvre que les hortillonnages d’Amiens, développés sur des marais drainés, assurant amendements des sols et irrigation sont très proches des techniques d’agroforesterie sur marais drainés du Guangzhou en chine.





L’ouvrage montre comment un paysage se construit par une succession de gestes liés à des besoins et savoir-faire précis.



Au Bénin, Cotonou s’est construit sur le système agricole imbriquant pâturage, plantation de cocotiers et cultures. La redécouverte de ce système est un enjeu majeur dans un contexte de manque de terres agricoles du fait d’une urbanisation galopante.


A El Hamra, Oman, C’est le système des oasis irriguées qui est décrit.


C’est un honneur que les Murs à Pêches soient mentionnés dans cet ouvrage fondamental que nous vous recommandons vivement car il montre que patrimoine et enjeux environnementaux contemporains ont partie liée.
https://www.eyrolles.com/BTP/Livre/urban-agricultural-heritage-9783035622515/
Fresque métro Mairie de Montreuil

Photographie Véronique Ellena.
La céramiste qui a réalisé la fresque à Montreuil s’appelait Anne Marie Fontaine . Elle était céramiste à Sèvres Elle a créé cette œuvre en 1937 et est morte en 1938 à 38 ans ..
A l’autre bout de la ligne, à Pont de Sèvres, une céramique est également visible, moins poétique (et très abimée, c’est dommage ) elle a été conçue par Henri Rapin en 1934. Nous devons cela à la manufacture de Sèvres où il y actuellement une exposition. https://www.sevrescitecer
amique.fr/prog

Un jardinier de Map découvre des Murs à Pêches en Allemagne!!
C’est au Château de Sanssouci à Postdam, à côté de Berlin, qu’on trouve des murs à pêches!

Le Palais de Sanssouci a été bâti entre 1745 et 1747. C’est l’ancien palais d’été du roi de Prusse Frédéric II. Cette immense villa où l’on parlait français, où étaient organisées des tabagies et où Voltaire séjourna est d’abord liée à un projet viticole.
Ainsi le roi fait terrasser le terrain en 1744, et des « murs de talut » furent érigés pour y cultiver du raisin.

Une particularité de ces « Murs de talut » est d’ajouter des vitres de verre devant les murs pour protéger les fruits les plus sensibles au froid comme les figuiers. 168 niches protégées de paroies vitrées sont plantées de figuiers pour bénéficier d’un effet de serre. Sont également plantés des abricotiers et des pêchers.


Pourtant, comme ni la vigne ni la culture fruitière n’ont donné les résultats escomptés à Sanssouci, l’Empereur Guillaume Ier et son épouse Augusta invitèrent en 1862 Alexis Lepère le Jeune à Sanssouci, que sa réputation avait précédée.
Wolf Jöckel, journaliste allemand, a publié un article sur les liens entre Montreuil et Sanssouci :
C’est en 1853, qu’Albert von Schlippenbach, grand propriétaire du Mecklenbourg et sa sœur, la Comtesse von Hahn, visitent Paris. Ils ont été extrêmement impressionnés par la qualité des fruits qu’ils ont goûtés et ils se sont renseignés sur la culture fruitière française. Ils ont ainsi visité les vergers d’Alexis Lepère l’Ancien, arboriculteur né en 1799 à Montreuil, primé en 1836 ar la Société royale d’horticulture de France et auteur de l’ouvrage « Pratique raisonnée de la taille des pêchers en espalier carré » paru en 1841.
Albert von Schlippenbach et la Comtesse von Hahn ont été si impressionnés par cette visite qu’ils ont accueilli avec joie la proposition du fils, Alexis Lepère le Jeune, de se rendre au Mecklembourg au printemps suivant et d’y implanter des cultures de fruits de table sur des murs à palisser.
Au cours des années suivantes, Lepère se rend donc plusieurs fois dans le nord de l’Allemagne et construit ses vergers sur les terres des Schlippenbachs et des Hahns.
En 1857, Alexis Lepère Le Jeune participe avec Albert von Schlippenbach à un rassemblement de producteurs de fruits à Gotha, où il donne des conférences et présente ses techniques de taille. Schlippenbach sert de traducteur.
Pour faire connaître ses savoir-faire en haut lieu, Lepère fit présenter à partir de 1859 des pêches, des pommes et des poires à la reine prussienne Augusta par le ministre Moritz August von Bethmann-Hollweg. À l’été 1862, le couple royal prussien le chargea de cultiver des fruits à Potsdam.


Lepère planta les pêchers, poiriers et cerisiers, les arbres les plus exigeants en chaleur, palissés sur des murs, tandis que les espaces entre les murs étaient plantés de pommiers en contre-espalier.
Le couple royal fut tellement satisfait du travail de Lepère qu’en 1863, il reçut l’ordre de créer un verger à six murs et entre-murs près du château de Babelsberg.

Ces installations connurent, malgré l’engouement qu’elles souscitèrent, un sort similaire à celui de Montreuil et au tournant du XXème siècle, les installations étaient déjà considérées comme obsolètes et démodées. Faute d’entretien, les murs tombèrent et les arbres moururent. Vers 1960, les terres entre les murs de Lepère à proximité du Klausberg ont été louées en jardins familiaux.
C’est à l’occasion de l’exposition horticole fédérale de Potsdam de 2001, que les trois murs et entre-murs de Lepère ont été restaurées et la remise en culture a commencé.
Comme à l’origine, les murs sont surmontés d’un chaperon qui sert à protéger tant les murs que les arbres palissés. Il y a aussi des crochets saillants sur lesquels des planches pouvaient être placées pour protéger les arbres de la grêle et où des filets pouvaient être fixés pour éviter les dommages causés par les oiseaux.

Depuis 2006, Mosaik, une association pour les personnes handicapées, s’occupe avec beaucoup d’engagement, de la réhabilitation, de l’entretien du site et de la remise en culture du site.
Wolf Jöckel, Alexis Lepère und die Pfirsichmauern in Sanssouci
https://paris-blog.org/tag/die-leperesche-anlage-am-klausberg/
Les Jardins du Grand Paris depuis le XIXème siècle
Savez-vous planter des pêchers ?
Le 27 novembre dernier, Map et le jardin familial voisin, suite aux restaurations du mur mitoyen conduites durant l’été, ont organisé une plantation de deux pêchers issus du Jardin École (Société Régionale d’Horticulture de Montreuil).
Creuser, habiller, praliner, positionner, tuteurer, barrer la sève… planter ça ne s’improvise pas.
Retour en images et petit glossaire technique.
Habiller
L’habillage consiste à couper les parties endommagées d’une plante, lors de la plantation. Cette action n’est nécessaire que sur les végétaux à racines nues. On parle fréquemment d’habillage des racines car il s’agit le plus souvent des racines que l’on taille avec un bon sécateur, (préalablement désinfecté!), avant de repiquer ou de planter : racines trop longues, racines meurtries, chevelure racinaire, moustaches…
Selon les anciens, l’objectif est d’endurcir la plante, afin qu’elle ait une meilleure reprise. En réalité, cela supprime une partie des réserves en éléments nutritifs de la plante, ainsi que des éléments de protection contre les maladies. Mieux vaut donc ne pas avoir le coup de sécateur trop fort !


Praliner
Le pralin est un mélange de terre du jardin, de bouse de vache et d’eau, qui forme une boue liquide.
Elle sert à praliner, ou enduire, les racines des arbres à racines nues, juste avant la plantation, pour permettre une meilleure reprise.
Merci donc aux vaches de la ferme pédagogique de Neuilly-sur-Marne pour leur aimable contribution !

Positionner
Une fois le trou creusé, Il convient de positionner le point de greffe de l’arbre au-dessus du niveau de la terre. Car s’il est enterré et mouillé, le porte-greffe pourrait s’affranchir et reprendre ses droits.
Il faut remblayer le trou jusqu’à être à la bonne profondeur et également vérifier l’espacement avec le mur : assez proche pour assurer le palissage à venir.
Tuteurer
De préférence avec un lien d’osier, très présent dans les Murs à Pêches.
Un arbre met plusieurs années à ancrer solidement ses racines dans le sol. Avant cela, pour le protéger des dommages dus au vent et lui assurer une pousse bien droite, l’arrimer à un tuteur est fortement conseillé.


Barrer la sève
Pour obliger l’arbre à refaire des yeux de pousse à la hauteur voulue, assez basse en l’occurrence pour des arbres palissés et donc limités en hauteur par la hauteur du mur, on pratique des incisions.


Les barrages de sève se font pour favoriser ou défavoriser un œil, un rameau ou une branche.
Pour favoriser : les barrages se feront au-dessus d’un œil, d’un rameau ou d’une branche, comme dans notre cas ici. Cela veut dire que l’on va les aider à se développer plus vite.
Pour défavoriser : les barrages se font au-dessous d’un œil, d’un rameau ou d’une branche. Cela veut dire que l’on veut qu’ils reçoivent moins de sève, pendant un temps, pour que d’autres yeux, d’autres rameaux ou d’autres branches en profitent davantage.
On rentre ici dans l’art de la taille et de la conduite de l’arbre palissé… l’arbre est pour le moment planté.
Merci à Joseph Arancio et Patrick Fontaine pour leurs précieuses explications.
Merci aux adhérent.e.s de Map et aux jardinier.e.s du jardin familial pour leur implication et le goûter chaleureux.
Merci à Jean Noviel et Pascal Mage pour les photos et merci à Edoardo Vanni pour la vidéo!
