Archive for the 'Démocratie locale' Category



EIF, « porte de sortie » des Murs à Pêches ?

Ramassis d’inepties, désinformation, propagande honteuse… nous sommes restés bouches bées à la lecture de la lettre ouverte de la municipalité publiée le premier juin Lettre ouverte de JC-Negre.

FRANCE-ECONOMY-BANK

Est-ce la candidature du Maire adjoint chargé de l’urbanisme et de l’espace public ou la mise en lumière de la magouille EIF qui fait dérailler la municipalité ?

Peu importent les querelles électorales, ce qui compte ici ce sont les faits. La lettre du premier juin contient des mensonges énormes et des contradictions évidentes.

  • La municipalité se plaint de la loi NOTRe et se vend au Grand Paris. Mieux vaut pour rester vivant ne pas dîner chez l’assassin…
  • Incompétence ? Maquillage ? Le classement « patrimoine » des parcelles concernées n’était nullement indiqué dans le cahier des charges appel-a-projets-eif-ilovepdf-compressed. Bien au contraire, en qualifiant la zone « d’abord des murs à pêches », il s’agissait de dissimuler la vente d’un patrimoine protégé. C’était sans compter la vigilance du Conseil de Quartier, des associations, du Député et du Préfet.
  • A grand renfort de marketing, le courrier masque l’essentiel : une opération de promotion immobilière… dont les trois retenus, connus pour leur philanthropie, (Bouygues immobilier, REI…) ont annoncé la couleur lors de la seule réunion publique. Il s’agit aussi de privatiser un espace public classé. Quelle belle ouverture !
  • Qu’on se le dise une bonne fois pour toute : rénover une usine, ce n’est pas mettre en valeur les Murs à pêches.
  • Nous rappelons que le Conseil de quartier et 15 associations ont dénoncé ce projet de margoulins. De même, aucune association locale liée à l’horticulture, au patrimoine ou à la culture ne souhaite être associée à cette opération. A la table des concertations, les représentants des promoteurs et de la Ville doivent se sentir bien seuls.

Soudées pour le bien commun, quinze associations écrivent aux candidats.

Lettre ouverte aux candidat-e-s aux législatives dans la circonscription de Montreuil – Bagnolet

Madame, Monsieur,

Vous avez décidé de vous présenter devant les citoyens des villes de Montreuil et Bagnolet pour les représenter. Ces deux villes partagent une histoire, un patrimoine commun : celui des murs à pêches … Un modèle d’agriculture urbaine qui se développera et perdurera du XVIIIe au XXe siècle. Nos communes ont la chance de disposer, grâce à la lucidité des cultivateurs, à la fois de terrains où ce patrimoine est encore visible, mais aussi de collections historiques et de documents qui nous permettent de faire vivre une agriculture urbaine du XXIe siècle.

Depuis la disparition de la production, les associations ont pris le relais des cultivateurs pour faire vivre les parcelles abandonnées. Elles y ont restauré les murs, remis en culture les terres et ont développé des activités nouvelles à l’ambition d’éducation populaire : spectacle vivant, arts visuels, architecture, urbanisme, écologie, alimentation … C’est ainsi que se sont déployées, ici comme ailleurs, de nouvelles formes d’agriculture aux dimensions multiples. En témoignent les exemples de jardins d’insertion, familiaux, partagés, pédagogiques, mais aussi productifs, qui se sont développés en réinvestissant des terres abandonnées. Nos villes ne peuvent se passer de ces espaces d’expression et d’émancipation où les citoyens jardinent la ville et réinventent notre rapport à l’alimentation, à la nature et aux autres.

Nous observons depuis vingt ans que ce patrimoine est d’abord pensé par le politique comme une réserve foncière, afin de répondre au besoin de logements, d’équipements publics, d’infrastructures de transport. De plus, la contraction des financements, tant au niveau des collectivités territoriales que de l’Etat, condamne toute action publique d’ampleur pour ce patrimoine.

Pour ces raisons, les associations revendiquent depuis toujours la création d’une structure de gestion du site (GIP ou EPCC)* qui permette de mobiliser sur un socle de finances publiques des financements privés complémentaires : partenariat, mécénat, concession, prestations …

En tant qu’associations nous ne pouvons qu’apporter notre bonne volonté bénévole, nos compétences, nos collections historiques aussi. Mais hélas, cet engagement citoyen est vain s’il ne trouve pas de prolongement dans l’action publique. Il est urgent d’agir en responsabilité. Le politique ne peut pas avoir comme seule ambition de répondre aux besoins de logement, d’emploi ou de sécurité de nos concitoyens. Il est tout aussi essentiel de permettre à chacun de participer à la vie culturelle, sociale et économique du territoire.

Le site dit des Murs à Pêches ne peut continuer à être morcelé. Il doit garder l’intégrité de son territoire, indispensable au développement d’un projet qui doit désormais se matérialiser dans une structure de gestion, afin que son développement et son avenir ne dépendent plus exclusivement d’enjeux politiques locaux.

Nous voudrions connaître vos engagements pour le site des Murs à pêches, ainsi que sur l’appel à projet en cours « Inventons la métropole », qui morcelle une fois de plus ce patrimoine unique, dont la surface actuelle et la cohérence sont pourtant un gage de sa valeur. Les associations de la Fédération des Murs à Pêches et celles qui se joignent à ce courrier sont ouvertes à une rencontre.

Montreuil, le 1er mai 2017
Associations de la fédération :
Ecodrom, La Graffiterie, Le Fer à coudre, Le Sens de l’humus, Lez Arts dans les murs, Murs à Pêches, Oxymore, Racines en ville, RecupCrea, Société Régionale d’Horticulture de Montreuil, Théâtre de la girandole, TIGe.

Autres associations signataires :
Jardin de la Lune, Montreuil environnement, Rêve de Terre.


*Groupement d’Intérêt Public, Établissement Public de Coopération Culturelle

 

Télécharger le fichier : Lettre aux candidats aux législatives 2017

Bessac, magicien !

Montreuilloises, Montreuillois, le grand magicien, illusionniste Patrice B, aidé de ses assistants, fît apparaître une « maison » en septembre 2016. Bientôt, dans un futur proche, ce grand prestidigitateur fera disparaitre cette même maison dite « des murs à pêches ». Très fort !

Et comme les grands magiciens ne révèlent jamais leurs secrets, nous le faisons pour vous. Ce « symbole du retour de la puissance publique sur le site des murs à pêches » se volatilisera précisément parce que les terrains seront vendus à des promoteurs. À qui ? Au choix, Bouygues, Amétis ou REI habitat, aussi connus pour leurs fantastiques tours de magie rue Danton !

Alexis Corbiere aux Murs à Pêches, commentaires!

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Patrick Fontaine, chemise verte, qui a transformé une friche en un jardin arboricole écologique, explique l’intérêt des murs à pêches à Alexis Corbiere, veste noire.

De dos, Luciano Travaglino, qui a  fait d’une ancienne casse automobile  un théâtre de verdure. Encadrant Alexis Corbiere, deux élues de terrain investies : Capucine Larzilliere et Riva Gherchanoc.

La discussion se termine sur une parcelle du site classé que la municipalité veut céder à un promoteur immobilier.

Dans l’après-midi, Alexis Corbiere twitte :  » Il faut défendre les murs à pêches! »

Twitt d’Alexis Corbiere suite à sa venu aux murs à pêches.

Photographies Dorothée Ngo Mbeleg

Des élus pas très sérieux qui arrangent des promoteurs immobiliers!

Le 9 février dernier, Monsieur Patrice Bessac et ses acolytes publiaient sur le site de la Ville de Montreuil une Déclaration au sujet de La Reconversion de l’Usine EIF (A lire ici). L’occasion pour MAP de relever dans ce texte un ensemble de termes et d’arguments qui sont au cœur du désaccord.

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On pouvait notamment y lire : « La ville de Montreuil, la Métropole du Grand Paris (…), souhaitent participer d’une manière ou d’une autre à la valorisation de ce site remarquable ». C’est précisément ce « d’une manière ou d’une autre » qui pose problème. Sans vergogne, nos chers élus avouent ici leur déplorable tendance au suivisme. Faute de vision d’ensemble et d’objectifs à long terme, ils se contentent d’attraper les trains en marche et peu importe où cela doit nous mener.

A grand renfort de « philosophie », les signataires annoncent l’avènement d’un projet « innovant » et « ambitieux ». La vacuité effarante de tels propos occulte cependant la réalité des faits : des financeurs privés (qui sont des promoteurs immobiliers, oui vous avez bien lu, des promoteurs immobiliers !), des intérêts qui le sont tout autant, des logements, des bâtiments, des équipements… Elle nous permet au passage de clarifier notre position : la nature n’a pas attendu l’homme pour être innovante et, elle, tout comme nous, se passerait volontiers de projets parasites.

EIF reconverti, une « vitrine » pour les Murs à pêches nous dit-on. Une de plus… à rajouter aux cortèges funèbres d’infrastructures qui grignotent peu à peu un espace naturel précieux. Chaque mandature s’obstine à penser a l’envers en fabriquant sa propre devanture avant même d’avoir fait le moindre effort d’imagination. Chacun y va de sa vitrine miracle, cachant en vérité une arrière boutique ou règne l’incapacité totale et chronique à concevoir une stratégie globale et respectueuse du site.

C’est ensuite du « passé » et du « futur » dont il est question. Là encore, les leçons à tirer divergent, tout comme les caps a suivre. L’équipe en place n’aura pas mis longtemps à jeter l’éponge, prétextant que « les interventions de la municipalité sont insuffisantes »  (alors même qu’un budget pluriannuel dédié a la préservation du site sommeille dans les caisses de la ville). L’avenir des Murs à Pêches nécessiterait, apprend-on, une « ambition métropolitaine » dont on ne connaît aujourd’hui pas grand chose, si ce n’est un garage à tramways en devenir et un appel à projet énigmatique.

Face à cette cuisine administrative fade et sans lendemain, nous opposons un tableau concret et chatoyant. L’espace urbain a besoin d’un sérieux verdissement. Et pour être viable et durable, la métropole doit faire place aux arbres, aux plantes et aux sentiers. D’ou cette sanctuarisation que nous réclamons. Peu couteuses à entretenir, les zones vertes sont les incontournables richesses du futur, les seules sur lesquelles il convient aujourd’hui de miser.

A défaut de pouvoir rassurer et convaincre « les amoureux du site », la Ville de Montreuil les invite une fois de plus à « dialoguer ». La concertation est cependant un leitmotiv municipal auquel nous avons, avec d’autres, cessé de croire… Car nous sommes de ceux qui pensons que rien ne sert de discuter du sort de l’accusé une fois ce dernier condamné à mort.

Le Mage/Joc

Un « joyau » vendu à la découpe?

« Joyau » , voilà l’expression utilisée par Monsieur Patrice Bessac, Maire de Montreuil, pour qualifier le territoire des Murs à Pêches.

« Retour de la puissance publique », voilà la dynamique que notre édile souhaitait instaurer durant sa mandature pour sauver ce même territoire.

Protection renforcée, gestion globalisée, concertation, rénovation et mise en valeur, voilà enfin ce dont il était encore question en septembre dernier lors de l’inauguration de la Maison des Murs à pêches, soigneusement orchestrée à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Et Pourtant une partie de ce « joyau » publique s’apprête à être vendu en catimini à un groupement privé au service du « Grand Paris ».

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En réponse à cette embardée surprenante, le Conseil de quartier Signac-Murs à pêches, la Société Régionale d’Horticulture de Montreuil, Lez’arts dans les murs, Les Ateliers de la Nature, Montreuil Environnement, Racines en Ville, Rêve de Terre, Sens de l’Humus, l’association des Murs à Pêches et … souhaitent réagir.

Dans une lettre ouverte à Monsieur le Maire de Montreuil, ils demandent instamment le retrait du site dit EIF (comprenant des parcelles de murs à pêches) de l’appel à projets de la Métropole du Grand Ville et prient la Ville de se prononcer clairement en faveur d’une politique globale et concertée de sauvegarde du site.

Cliquer ici pour la lettre ouverte du Conseil de quartier à Monsieur le Maire

Il fallait y penser; Quatorze l’a fait.

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Dans un souci de sensibilisation et de préservation qui semble gagner un nombre croissant d’enthousiastes, l’association Quatorze a eu la bonne idée de mettre en place une session de formation au sein des parcelles du 15 bis rue Saint-Antoine, actuellement occupées par une communauté Rom. https://mursapeches.wordpress.com/2016/05/27/evenement-we-co/

5 stagiaires rémunérés se sont exercés au maniement du plâtre. Encadrés par Charles-Louis Roseau et Loïc Dollet, maçons du patrimoine, ils ont également été sensibilisés à la spécificité de ces murs et aux techniques de maintenance.

En 4 jours de travail, du 24 au 27 mai, ce sont 25 mètres linéaires de mur qui ont été rebâtis en partie haute, arasés et recouverts d’un épais glacis de plâtre.

Un travail impressionnant qui s’est visiblement fait dans la joie et la bonne humeur.

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